De Rovaniemi à Inari : un road trip sur la culture same en Laponie orientale
La plupart des visiteurs de Rovaniemi qui louent une voiture pour une journée filent vers le nord jusqu’au cercle polaire arctique et s’arrêtent là. Cet itinéraire continue la route : au nord-est en passant par Sodankylä, jusqu’à Saariselkä et Ivalo, puis enfin Inari, le centre de la culture same en Finlande. Cinq jours, environ 660 km aller-retour, pour échanger les attractions cochées sur une liste contre un regard plus lent sur une partie de la Laponie qui n’est pas construite autour du père Noël.
Le cœur du voyage, c’est Siida, le musée same d’Inari, et le lac Inari lui-même. En chemin : de la chasse aux aurores presque tous les soirs, une église en bois authentiquement ancienne, et une conversation inconfortable mais nécessaire sur ce qui se vend aux touristes sous l’étiquette de costume « lapon ». Rien de tout cela n’exige une agence : il faut en revanche une voiture, des pneus hiver, et une idée réaliste des distances en jeu.
L’itinéraire en un coup d’œil
| Jour | Trajet | Route | Étape |
|---|---|---|---|
| 1 | Rovaniemi → Sodankylä | 130 km, ~1 h 45 | Sodankylä |
| 2 | Sodankylä → Saariselkä/Ivalo | 130 km, ~1 h 45 | Saariselkä ou Ivalo |
| 3 | Ivalo → Inari | 40 km, ~35 min | Inari |
| 4 | Inari (Siida, lac Inari) | local uniquement | Inari |
| 5 | Inari → Rovaniemi | 330 km, ~4 h 15 | — |
Jour 1 : de Rovaniemi à Sodankylä
Partez de Rovaniemi le matin ; les 130 km vers le nord sur la E75 jusqu’à Sodankylä prennent environ 1 h 45 sans arrêt, davantage avec les rennes et le verglas à surveiller tout du long. Sodankylä est plutôt un village-rue qu’une destination en soi, et mieux vaut ajuster ses attentes en conséquence : c’est une étape pour l’église en bois et pour rythmer la route, pas une journée entière de visite.
L’église en bois de Sodankylä, construite en 1689, est l’un des plus anciens bâtiments encore debout en Finlande ; elle a conservé sa construction en rondins d’origine et sa chaire sculptée à la main. Elle se trouve à l’écart de l’église en pierre plus récente à proximité et se visite en vingt minutes, pas en deux heures — voyez-la et repartez. Sodankylä abrite aussi un observatoire géophysique qui surveille les aurores et l’espace proche de la Terre, un rappel que vous êtes désormais solidement dans l’ovale auroral et non plus à sa marge sud.
Passez la nuit ici plutôt que de foncer plus loin. Si le ciel est dégagé, c’est réellement l’un des meilleurs endroits de tout l’itinéraire pour chasser les aurores, précisément parce que le lieu est petit, peu pollué par la lumière, et assez loin des systèmes nuageux de Rovaniemi pour parfois capter un ciel bien différent.
une chasse aux aurores en petit groupe au départ de Sodankylä, avec un guide qui lit la prévision plutôt que de suivre un trajet fixe
est une façon sensée de passer la soirée si vous ne voulez pas improviser vous-même sur des routes secondaires que vous ne connaissez pas.
Jour 2 : de Sodankylä à Saariselkä et Ivalo
Encore 130 km, encore 1 h 45, cette fois jusqu’à Saariselkä, une petite base de ski et de randonnée en lisière du parc national d’Urho Kekkonen — le deuxième plus grand parc national de Finlande, et un vrai territoire de randonnée et de ski de fond, pas une station avec un parc accolé. Si vous avez un après-midi libre, même une courte marche depuis le village sur les sentiers balisés donne une idée du relief de fjells qui domine cette partie de la Laponie, dégagé et sans arbres au-delà d’une certaine altitude, très différent des plats forestiers de Rovaniemi.
Kiilopää, juste à côté de Saariselkä, possède un authentique sauna à fumée qui mérite un arrêt si vous voulez une vraie suée plutôt qu’un spa d’hôtel — restez calme, ne criez pas, et rappelez-vous que le löyly, la vapeur jetée sur les pierres, est un rituel partagé et non un spectacle pour les badauds. Kakslauttanen, un peu plus loin, est le complexe d’igloos de verre le plus connu de la région ; ça vaut la peine de le connaître même sans y séjourner, car il donne le ton de la façon dont tout ce corridor se vend autour de l’aurore.
Poussez les 20 derniers kilomètres jusqu’à Ivalo pour la nuit, ou restez à Saariselkä si vous préférez être plus près des sentiers du parc — les deux options se valent, la différence de route étant marginale. Ivalo est une ville de services pratique et sans éclat, construite autour de son aéroport, ce qui en fait une base solide et moins chère que Saariselkä si le budget compte plus que l’ambiance.
Pour la soirée,
une chasse aux aurores en quad au départ de Saariselkä qui s’éloigne vite des lumières du village
couvre un terrain qu’une voiture de location seule ne peut pas atteindre, en particulier si une neige fraîche a fermé les petites pistes.
Jour 3 : d’Ivalo à Inari et le musée Siida
La dernière étape est courte : 40 km, environ 35 minutes, d’Ivalo à Inari — faites-la le matin pour garder tout l’après-midi pour le musée. Inari est le centre culturel et administratif des Samis en Finlande : la ville abrite Sajos, le bâtiment du Parlement same, et c’est ce que cet itinéraire a de plus proche d’un incontournable unique.
Cet incontournable, c’est Siida, rouvert en 2022 et véritablement la référence pour comprendre l’histoire et la culture same en Finlande, aux côtés de l’histoire naturelle arctique de la région. Comptez deux à trois heures. Les expositions traitent de l’élevage de rennes comme d’un moyen de subsistance économique et non d’un décor à photos, de l’histoire des langues samies (le same du Nord, le same d’Inari et le same skolt ont tous un statut officiel dans cette région), et de la culture matérielle — dont le gákti, le costume traditionnel dont les motifs et les couleurs identifient la famille et la région d’origine de celui ou celle qui le porte, un détail à connaître avant le jour 4.
C’est aussi la façon honnête d’aborder la culture same sur ce voyage, à l’opposé des « villages samis » mis en scène autour de Rovaniemi, dont la plupart sont des spectacles commerciaux plutôt que des communautés vivantes. Si vous ne faites qu’une seule étape culturelle sur tout cet itinéraire, que ce soit celle-ci.
une chasse aux aurores en traîneau à chiens depuis la région d’Ivalo
mérite d’être réservée à l’avance si vous voulez combiner les deux avant de partir vers Inari le lendemain matin — les chiens de traîneau sont l’un des rares moyens fiables de vraiment s’éloigner des routes ici, une fois la nuit tombée.
Jour 4 : Inari et le lac Inari
Consacrez à Inari une seconde journée complète, sans conduite au-delà du village lui-même. Le lac Inari est le troisième plus grand lac de Finlande par sa surface, mais il paraît vraiment plus vaste que ne le suggèrent les chiffres, parsemé de plus de 3 000 îles, dont certaines abritent des sites sacrés samis fermés aux visiteurs — un guide de bateau vous dira quelles rives éviter. En été, de courtes sorties en bateau rejoignent les îles les plus proches ; en dehors de cette période, le lac gèle en une vaste étendue blanche que les habitants parcourent à pied, à ski et en voiture une fois la glace certifiée assez épaisse — ne tentez jamais cela vous-même sans l’aval d’un guide.
Passez le reste de la journée à pied autour du village d’Inari : le petit port, le bâtiment de Sajos, et les boutiques. C’est aussi là que la question des souvenirs devient délicate, et mieux vaut l’aborder de front plutôt que de l’esquiver. Certaines boutiques d’Inari, comme à Rovaniemi, vendent des tenues « lapones » produites en masse, des bonnets à quatre vents en plastique et des pièces à motifs gákti visant clairement les touristes, sans aucun lien avec les familles et les régions que ces motifs représentent réellement.
C’est un point de friction réel et durable avec les communautés samies, pas une simple querelle de style — considérez-le comme une raison d’acheter dans des enseignes clairement tenues ou fabriquées par des Samis, ou de ne pas acheter ce type de souvenir du tout, plutôt que comme une raison d’éviter le sujet.
Si le ciel est dégagé en soirée, terminez la journée par
un petit atelier pratique sur les aurores basé à Inari
qui couvre aussi les réglages d’appareil photo — utile à ce stade du voyage si vos photos jusqu’ici n’ont pas rendu ce que vous avez vraiment vu.
Jour 5 : la route du retour vers Rovaniemi
Le retour se fait en une seule traite de 330 km, environ 4 h 15 vers le sud sur le même corridor de la E75. Partez avec de la marge : si loin au nord, la lumière du jour est courte en plein hiver et la route traverse tout du long un territoire d’élevage de rennes en liberté, donc prévoyez une vitesse réduite plutôt que de traiter ce trajet comme une autoroute. Faites le plein à Ivalo ou à Sodankylä ; les services se raréfient nettement sur le tronçon central.
Si les prévisions sont bonnes et que votre vol ou votre train du lendemain laisse de la souplesse, un départ en début d’automne ou début de printemps vous offre une dernière chance de ciel avant Rovaniemi : une chasse aux aurores automnale en voiture au départ d’Inari peut être calée le matin avant de prendre la route, ou remplacée par une version en fin de soirée la veille si vous préférez ne pas ajouter de conduite de nuit à une journée déjà longue.
Culture same : ce qu’il faut respecter
Quelques points à garder en tête tout au long du voyage, pas seulement à l’étape d’Inari. Dites Same, jamais « Lapon » ou « Laponien », en parlant du peuple — « Laponie » reste correct pour la région, mais pas pour ceux qui y vivent. Les Samis sont le seul peuple autochtone reconnu au sein de l’Union européenne, avec leur propre parlement, leur drapeau, des droits linguistiques et une journée nationale le 6 février ; l’élevage des rennes est encadré par des coopératives appelées paliskunta et constitue un moyen de subsistance réel, pas un décor pour touristes.
Pour aller plus loin avant ou après le voyage, consultez nos guides sur la culture same expliquée, l’élevage de rennes comme moyen de subsistance, un guide plus complet sur Siida, et ce qu’il faut éviter en matière de souvenirs de style same.
Aspects pratiques de cet itinéraire
Prévoyez une voiture de location avec pneus hiver ou cloutés pour tout le voyage — consultez nos notes sur la location de voiture et les pneus hiver et sur la conduite en Laponie avec les rennes et le verglas avant de partir ; les deux couvrent les obligations légales et les vrais dangers, qui concernent surtout les rennes sur la route plutôt que le froid lui-même.
Prévoyez un budget hébergement à Sodankylä, à Saariselkä ou Ivalo, et à Inari — trois réservations distinctes, car aucune de ces villes n’est assez proche des autres pour cumuler les étapes. Les prix ici sont globalement proches de ceux de Rovaniemi : une activité guidée d’une demi-journée coûte généralement 100 à 200 EUR par personne, et les tarifs de décembre sont sensiblement plus élevés que ceux des saisons intermédiaires de part et d’autre.
| Poste | Fourchette typique |
|---|---|
| Location de voiture par jour (pneus hiver inclus) | 60–120 EUR |
| Chasse aux aurores guidée, par personne | 90–160 EUR |
| Entrée au musée Siida | 15–20 EUR |
| Hôtel ou pension milieu de gamme, par nuit | 90–160 EUR |
Road trip culture same en Laponie orientale : FAQ
Cet itinéraire est-il faisable sans voiture ?
Pas vraiment. Les bus Matkahuolto desservent l’axe Rovaniemi–Sodankylä–Ivalo–Inari, mais les fréquences sont faibles et faire étape à Sodankylä n’a guère de sens sans votre propre emploi du temps. Cet itinéraire est pensé pour une voiture de location.
Quelle est la distance entre Rovaniemi et Inari ?
Environ 330 km dans un sens sur la E75, répartis ici sur deux jours de route via Sodankylä et Saariselkä. Le trajet retour du jour 5 couvre les mêmes 330 km d’une traite, si la météo et la lumière du jour le permettent.
Quelle est la différence entre « same » et « lapon » ?
Same est le nom que le peuple se donne lui-même ; « lapon » est considéré comme dépassé et, pour beaucoup de Samis, offensant. « Laponie » reste le nom correct de la région, mais les habitants sont des Samis, jamais des « Lapons ».
Le détour par Siida en vaut-il la peine ?
Oui. Siida, rouvert en 2022, est le musée de référence pour l’histoire same et l’histoire naturelle arctique en Finlande, et la façon la plus sérieuse d’aborder cette culture sur cet itinéraire, loin d’un spectacle de village mis en scène.
Peut-on acheter des souvenirs samis à Inari ?
On peut acheter de l’artisanat same authentique, mais une grande partie de ce qui est vendu comme « costume lapon » ou gákti de pacotille dans les boutiques n’a rien à voir avec le vrai habit same, et c’est un vrai point de friction avec les communautés samies. Achetez auprès d’enseignes tenues par des Samis, et posez la question, plutôt que de prendre le premier bonnet à quatre vents venu.
Quelle est la meilleure saison pour cet itinéraire ?
Septembre-octobre et février-mars offrent les ciels les plus stables pour la chasse aux aurores en chemin. Décembre et janvier sont les mois les plus nuageux malgré la longue nuit, et aussi les plus chers et les plus fréquentés.
Faut-il des pneus hiver ?
Les pneus hiver ou cloutés sont obligatoires par la loi, en gros de novembre à mars, et simplement de bon sens dès qu’il y a de la neige au sol. Une location standard sur cette période en est déjà équipée.
Le lac Inari vaut-il le détour hors de l’été ?
Oui, autrement. En été, de courtes sorties en bateau rejoignent les îles proches ; le reste de l’année, le lac gèle en une vaste étendue blanche, praticable à pied et parfois en voiture, qui vaut le coup d’œil pour elle-même plutôt que comme un lot de consolation.
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