Les mois que tout le monde évite, à tort
Pourquoi je reviens toujours aux mauvais mois
Je suis maintenant allé à Rovaniemi à tous les mois que couvre la saison des aurores, et les deux séjours auxquels je pense le plus n’étaient pas en décembre. L’un était la deuxième semaine de septembre, l’autre fin mars. Aucun des deux n’avait de neige tout le temps. Aucun des deux n’avait un seul restaurant complet. Et tous deux m’ont donné quelque chose que décembre ne m’a jamais offert : une nuit où je suis resté dehors quarante minutes, seul, et où le ciel a vraiment fait quelque chose.
Ce n’est pas une promesse. Je tiens à le préciser d’emblée, parce que beaucoup de ce qui s’écrit sur cet endroit ne l’est pas. La saison des aurores à Rovaniemi court de fin août à début avril, et à l’intérieur de cette fenêtre, rien n’est garanti, quel que soit le soir, quel que soit le mois. Il faut que le ciel dégagé et l’activité géomagnétique s’alignent, et ils se moquent du calendrier. Ce que je défends ici, ce n’est pas une meilleure chance de lumière verte au‑dessus de la tête. C’est un genre de voyage différent.
Le ruska, avant que quiconque ait décidé que l’hiver a commencé
De fin août à septembre, c’est le ruska — cette explosion de couleurs sur les bouleaux et la végétation basse de la toundra avant la chute des feuilles, qui culmine en général vers la mi ou fin septembre, même si cela varie selon les années. J’en avais lu des descriptions avant d’y aller et je m’attendais à une toile de fond douce et agréable. Ce n’était pas doux.
Marcher sur les pentes basses d’Ounasvaara, avec les bouleaux virés à l’orange franc et le tapis végétal tourné au rouge profond en dessous, sous une lumière encore longue et assez chaude pour qu’on s’y attarde, c’est un registre d’expérience totalement différent de tout ce qu’offre l’hiver ici. L’hiver à Rovaniemi est spectaculaire à cause du froid et de l’obscurité. Septembre est spectaculaire à cause de la couleur, et parce qu’on sent encore ses doigts en la regardant.
Les nuits avaient déjà commencé à s’assombrir vraiment à cette période, ce qui est tout l’enjeu. L’obscurité est aussi nécessaire que le ciel dégagé pour l’aurore, et dès septembre, Rovaniemi en a de nouveau assez après les nuits claires de l’été. Je suis parti avec un petit groupe pour une
sortie du soir à la chasse aux aurores, loin des lumières de la ville
, et je n’ai rien eu la première nuit, puis un lent arc vert bas sur l’horizon la deuxième.
Ce ratio — un raté, un vrai — correspond honnêtement à ce à quoi je m’attendrais à n’importe quel moment de la saison, décembre compris. La différence, c’est qu’en septembre j’avais passé la journée à randonner, et non à faire la queue au bureau de poste du village du père Noël, et que la ville, le soir, était assez calme pour que j’entende la rivière.
Le printemps, quand la neige est encore bien là mais plus l’obscurité
Mars et avril sont un argument tout à fait différent, et honnêtement le plus solide des deux. En mars, Rovaniemi a déjà trois ou quatre mois de neige accumulée — elle ne va nulle part avant mai — mais les journées se sont déjà étirées à huit, neuf, dix heures de vraie lumière, et ça continue de grimper vite. Cette combinaison n’existe pas en décembre, quand on ne dispose que de quelques heures de demi‑jour bleuté vers midi. En mars, on obtient une lumière longue, basse et dorée pour le ski ou les balades en traîneau à chiens l’après‑midi, et il fait encore assez sombre vers neuf ou dix heures du soir pour que l’aurore se montre, si elle doit se montrer.
J’ai fait une version plus lente de ce programme lors de mon deuxième séjour : du ski de fond sur les pistes éclairées autour de la ville l’après‑midi, puis une
sortie privée à la chasse aux aurores
le soir même, une fois la lumière vraiment tombée. La température était nettement moins rude que pendant ma semaine de décembre — pas chaude, mais d’un froid qui ne donne pas envie de rester à l’intérieur.
Et il y a quelque chose à propos de mars que je n’attendais pas : la neige n’a pas le même aspect sous une lumière du jour forte que sous le gris terne d’un après‑midi de décembre. Elle est plus lumineuse, elle renvoie plus de clarté, et tout le paysage donne moins l’impression qu’on l’endure et davantage qu’on le regarde vraiment.
Aucun des deux mois n’offre le soleil de minuit de l’été, qui ne commence pas avant début juin — mars et avril se situent bien avant cette période, avec des nuits encore sombres pour traquer le ciel.
Ce que décembre offre en réalité
Je ne pense pas que décembre soit une erreur. Si vous voulez la garantie d’une neige au sol dès le premier jour, l’expérience complète de l’obscurité du kaamos, et le décorum précis de Noël au village du père Noël, décembre livre ces trois choses de façon fiable, ce que les mois intermédiaires ne peuvent pas promettre. Ce que décembre n’offre pas, c’est un meilleur ciel.
Décembre et janvier sont, si l’on regarde les statistiques, plutôt les mois les plus couverts ici — les périodes les plus dégagées ont tendance à tomber de part et d’autre. Et décembre s’accompagne de foule, de prix gonflés, et d’une ville où chaque ferme de huskies et chaque opérateur d’aurores affiche complet des semaines à l’avance. J’ai développé ce compromis dans décembre contre février et dans ce à quoi ressemble vraiment la foule de décembre sur le terrain.
Ce que je choisis à la place, c’est du temps et de l’espace : la lumière du ruska, ou les longs après‑midis de printemps, plutôt que la certitude d’une carte postale de Noël blanche. Si vous voulez comprendre ce que le ciel fait réellement plutôt que ce que montre une photo de brochure, il vaut la peine de lire comment l’œil perçoit vraiment une aurore comparé à un appareil photo, car cet écart d’attente cause plus de déceptions que n’importe quel choix de mois.
Je ne dis à personne d’éviter décembre. Je dis que les mois que tout le monde évite pour s’y rendre ne sont pas le lot de consolation qu’on nous vend.
Questions sur un voyage à Rovaniemi en dehors de décembre
Peut-on voir les aurores boréales en septembre à Rovaniemi ?
Oui. La saison des aurores court de fin août à début avril, et les nuits de septembre sont assez sombres pour une observation si le ciel est dégagé et l’activité coopère. Rien n’est garanti, quel que soit le mois, septembre compris.
La neige est-elle garantie en mars et avril ?
La couverture neigeuse dure en général de fin octobre à mi‑mai, donc mars et avril se situent encore solidement dans la saison de neige, même si elle peut commencer à s’attendrir fin avril selon les années.
Qu’est-ce qui est le moins cher, septembre ou décembre ?
Les deux saisons intermédiaires sont en général moins chères que le pic de décembre, en particulier pour l’hébergement, mais la différence la plus marquante que j’ai constatée concerne la disponibilité et le rythme, pas seulement le prix.
Les excursions aux aurores sont-elles les mêmes en automne, au printemps et en hiver ?
Le format est le même — un trajet en minibus loin des lumières de la ville, plusieurs heures, un feu et une boisson chaude — que l’on réserve une chasse aux aurores en septembre ou en mars. Les conditions au sol et les besoins vestimentaires diffèrent plus que la structure de l’excursion.
Fait-il trop sombre ou trop clair pour la photographie pendant les saisons intermédiaires ?
Ni l’un ni l’autre. Septembre offre des nuits vraiment sombres, propices à la photo d’aurore même sans lune, et dès mars on a une forte lumière de jour pour les photos de paysage plus des nuits sombres pour le ciel. Les courtes journées du plein hiver peuvent être plus limitantes pour la photo de jour.
Quel est le meilleur argument pour visiter en mars plutôt qu’en décembre ?
La lumière du jour. En mars, on dispose d’environ le double des heures de lumière utilisable par rapport à décembre, alors que la neige est encore entièrement en place et que les nuits restent assez sombres pour l’aurore.
Le ruska a-t-il lieu chaque année à la même période ?
Environ de fin août à septembre, mais le pic exact varie selon la météo de chaque année, un peu comme les couleurs d’automne partout ailleurs.
Début avril vaut-il encore le coup pour l’aurore ?
Début avril approche de la fin de la saison, donc il vaut la peine de vérifier comment les chances évoluent mois par mois avant de réserver, mais des nuits dégagées début avril peuvent encore produire de belles observations.
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